Giuseppe Bergman 1

Venetiaanse avonturen

Numéro 1
Couverture Hardcover
Langue NL
Scénario Manara Milo
Numéro ISBN 9789493471504
Collection Giuseppe Bergman
Dimensions 235 x 310
Nombre de pages 104
Dimensions 235 x 310
Date de parution 23-04-2026
Précommander: 23 avril 2026 Prix BD Web: 26,95
Venetiaanse avonturen disponible à partir du 23 avril

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Description

Il existe des bandes dessinées que l’on lit pour l’aventure… et d’autres qui, une fois refermées, nous font comprendre que nous étions aussi en train de nous observer nous-mêmes. Giuseppe Bergman appartient clairement à cette seconde catégorie. À la fin des années 1970, Milo Manara lança cet alter ego dans la presse francophone, au croisement du récit de voyage, de la satire et de la méta-bande dessinée. Le résultat : une série culte qui parcourt le monde — de Venise à l’Afrique, de l’Orient à des territoires mythiques — tout en mettant à nu les mécanismes du désir, de l’évasion et du spectacle.

Avec la réédition annoncée chez Lauwert en quatre volumes (aventures vénitiennes, orientales, africaines et mythologiques), cette œuvre majeure retrouve l’espace qu’elle mérite : celui d’un long voyage où l’aventure et la réflexion se déstabilisent sans cesse l’une l’autre.

Un héros qui préfère vivre plutôt que regarder
Giuseppe Bergman est un anti-héros emblématique, créé par Milo Manara à la fin des années 1970. À travers ses errances absurdes et existentielles, il incarne à la fois une critique du récit d’aventure classique et une réflexion méta-narrative sur le rôle de l’auteur et du lecteur.

Giuseppe Bergman n’est pas un héros traditionnel. C’est plutôt un rêveur inquiet qui souhaite vivre de « vraies » aventures, loin de la routine étouffante. Juste au moment où il croit que la vie ne lui réserve plus de surprises, apparaît le mystérieux H.P., dont le visage évoque celui du mentor de Manara, Hugo Pratt (les initiales ne sont évidemment pas un hasard). Bergman se retrouve aspiré dans une histoire à la fois exaltante et étrangement mise en scène.

C’est là l’une des grandes trouvailles de Manara : Giuseppe Bergman est une aventure, mais aussi un commentaire sur l’aventure. Dans le récit circulent caméras, « public » et dispositifs de mise en scène, comme si Bergman participait à une sorte de téléréalité avant l’heure. Le lecteur devient complice : nous savourons l’évasion, tout en ressentant le regard du système qui organise cette évasion.

Manara, mais pas seulement « Manara »
Milo Manara (né en 1945 à Luson, en Italie) est l’un des auteurs de bande dessinée les plus influents au monde. Il est connu pour son trait sensuel et raffiné, son approche très cinématographique du récit graphique et ses collaborations avec des figures majeures comme Federico Fellini et Hugo Pratt. Après une formation artistique à Venise, il débute dans les années 1960-1970 en dessinant des westerns et des récits d’aventure.

Sa percée internationale survient en 1978 avec HP et Giuseppe Bergman, série qui affirme son identité artistique et le consacre comme maître du récit graphique sensuel et onirique.

Quiconque associe Manara uniquement à son dessin érotique découvre dans Giuseppe Bergman une dimension plus riche : celle d’un auteur qui cherche à faire évoluer la bande dessinée. Manara lui-même affirme que l’érotisme est présent, mais jamais dominant. Ce qui compte avant tout, c’est le désir de raconter et d’expérimenter.

C’est cette combinaison qui rend Bergman toujours actuel : la série est à la fois un document de son époque (des années 1970 aux années 1990) et un miroir étonnamment moderne de notre culture de l’image. Une réédition structurée par phases de voyage devient alors bien plus qu’un simple geste nostalgique : c’est une nouvelle lecture.

Quatre phases de voyage : quatre façons de se perdre
1. La période vénitienne : masques et mise en scène
À Venise, le décor n’est jamais neutre. La ville devient un labyrinthe d’illusions où l’identité se transforme comme l’eau des canaux. Cette première phase donne le ton : Bergman cherche l’aventure mais se heurte immédiatement aux rôles, aux jeux et à la mise en scène, comme si la ville entière était une machine théâtrale.

2. La période orientale : Inde, rêve et tentation
Après Venise, Bergman voyage notamment en Inde. Dans cette phase orientale, la série s’oriente davantage vers le rêve, le symbole et la sensualité. Bergman semble voyager entre deux mondes : la réalité tangible et l’imaginaire qui la traverse. L’aventure devient méditation, et l’exotisme soulève une question : cherchons-nous l’autre… ou une version de nous-mêmes ?

3. La période africaine : confrontation et désillusion
L’Afrique constitue une autre étape essentielle du parcours. C’est la période où la série devient la plus abrasive : le romantisme de l’aventure se heurte à une réalité plus dure, et la naïveté de Bergman est mise à l’épreuve. Manara joue avec les clichés du genre et interroge la manière dont un aventurier occidental prétend « consommer » le monde.

4. La période mythologique : le territoire du rêve
Après Venise, l’Afrique et l’Inde, Bergman explore aussi des territoires imaginaires. Dans cette dernière phase, la série atteint sa liberté maximale : rêve, allégorie et mythe prennent les commandes.

Au fond, Giuseppe Bergman est bien plus qu’une série d’aventures : c’est une réflexion profonde sur la bande dessinée elle-même. La métafiction y occupe une place centrale, questionnant sans cesse la nature de la fiction et l’existence du héros de bande dessinée. Bergman devient un anti-héros en quête d’initiation, constamment confronté à la réalité qui contredit ses fantasmes d’aventure.

La série est également un hommage critique : Manara rend hommage à son mentor Hugo Pratt à travers le personnage de H.P., tout en démontant les illusions du récit d’aventure classique. L’érotisme et le rêve sont omniprésents, non comme une finalité, mais comme des symboles du désir et de l’imagination. Enfin, une forte dose d’autodérision traverse l’ensemble : Manara interroge, à travers ses personnages, la responsabilité de l’auteur dans la création et la manipulation des récits.

L’éditeur Lauwert s’est déjà distingué par des éditions soignées et un catalogue qui laisse une empreinte durable. Une série comme Giuseppe Bergman s’inscrit parfaitement dans cette logique : un classique qui reste vivant parce qu’il continue de dialoguer avec le lecteur.

Ceux qui connaissent déjà la série disposent désormais d’une structure idéale pour la redécouvrir, étape par étape. Ceux qui ne la connaissent pas encore entreront dans un récit d’aventure qui ose ce que le genre fait rarement : se regarder lui-même avec lucidité, poésie… et un sourire parfois légèrement ironique.