Fahrer Walter
Origines et formation
Walter Fahrer est né le 10 décembre 1939 à Santa Fé, en Argentine. Passionné de dessin, il étudie aux Beaux-Arts de Buenos Aires avant de débuter sa carrière professionnelle en 1957 en tant qu’illustrateur. Il réalise d’abord des couvertures pour des magazines populaires argentins comme Tit-Bits et Puño Fuerte, publiés par l’éditeur Lainez. En 1958, il publie sa première bande dessinée, Tee Howard, chez ce même éditeur.
Très vite, Fahrer se fait remarquer dans la bande dessinée de guerre. Il reprend le personnage du reporter militaire Ernie Pike (créé par Héctor Oesterheld et Hugo Pratt) et illustre plusieurs récits scénarisés par Oesterheld, publiés dans la revue Hora Cero. En 1959, il participe même à la création du mensuel argentin Fuego, dédié aux histoires de guerre, où il signe des bandes dessinées basées sur ses propres scénarios.
Carrière en Argentine
À la fin des années 1950 et au début des années 1960, Walter Fahrer collabore avec plusieurs grands éditeurs argentins. Pour les éditions Abril, il illustre la série d’espionnage Nat Mandel, publiée dans les revues Misterix et Rayo Rojo. Il dessine également de nombreux récits complets et des couvertures pour la maison d’édition Divito.
Pendant cette période, il voyage au Brésil tout en poursuivant ses projets de bande dessinée. En 1962, Fahrer quitte l’Amérique du Sud en compagnie d’Hugo Pratt pour tenter sa chance en Europe. Pratt, déjà son mentor, l’avait côtoyé en Argentine et au Brésil, et cette relation influence profondément le jeune artiste.
Installation en Europe
À son arrivée en Europe au début des années 1960, Walter Fahrer passe par l’Italie, où il travaille pour l’éditeur Universo à Milan, avant de s’installer en France. Dès la fin de l’année 1963, il rejoint l’agence de presse parisienne Opera Mundi, pour laquelle il illustre jusqu’au milieu des années 1970 une multitude de bandes quotidiennes destinées aux journaux français.
Son talent s’exprime dans des feuilletons d’aventure publiés dans L’Aurore, Le Parisien Libéré et France-Soir, souvent sous forme d’adaptations d’œuvres littéraires ou historiques. Parmi ces séries figurent Le Roi de Paris, Les Dames de Croix-Mort, La Dame de l’Ouest, Les Indes noires, Mandrin, Lady Stanhope, OSS 117 (d’après Jean Bruce) et Janique Aimée (adaptation d’un feuilleton télévisé).
Sa production prolifique témoigne de sa polyvalence, capable d’illustrer aussi bien des récits historiques que des adaptations littéraires (Jules Verne, Pierre Benoît, André Dhôtel, etc.), ou encore des polars d’espionnage.
Collaborations et succès en Europe
À la fin des années 1960, Walter Fahrer retourne brièvement aux Amériques et séjourne quelque temps aux États-Unis. En 1968, lors d’un nouveau passage en Europe, il rencontre le scénariste belge Greg (Michel Regnier), alors rédacteur en chef du Journal de Tintin.
Cette rencontre aboutit à la création de la série Cobalt dans Tintin à partir de 1970. Fahrer y dessine les aventures de l’agent secret Cobalt sur des scénarios de Greg. Deux albums de Cobalt paraissent chez Le Lombard/Dargaud en 1976 et 1981. Parallèlement, il réalise quelques récits historiques courts pour Tintin, avant de retourner définitivement en Argentine en 1973.
Retour en Argentine et projets internationaux
De retour en Argentine en 1973, Walter Fahrer lance Gato Montés, une bande dessinée de western se déroulant en Argentine au XIXe siècle. Bien que pensée pour le public local, Gato Montés attire l’attention des éditeurs européens. Dès 1991, Dargaud commence à traduire et publier cette série en français.
Entre-temps, Fahrer développe un autre projet ambitieux avec le scénariste français Claude Moliterni : Harry Chase, une série policière mettant en scène un détective privé américain. Les enquêtes de Harry Chase paraissent en feuilleton dans France-Soir, Télé 7 Jours et Charlie Mensuel. Sept albums de Harry Chase voient le jour chez Dargaud entre 1979 et 1989. La série rencontre un large succès international et est traduite dans onze pays.
Pendant les années 1980, Walter Fahrer continue d’alterner entre projets franco-belges et retours ponctuels en Argentine. En 1987, il illustre Le Casque et la Fronde sur un scénario de François Corteggiani pour la revue Vécu (Glénat). L’année suivante, en 1988, Pilote publie Captain Hard, une aventure de science-fiction écrite et dessinée par Fahrer lui-même, qui sera ensuite éditée en album chez Dargaud.
Années récentes
Au cours des années 1990, Walter Fahrer reste actif des deux côtés de l’Atlantique. En 1997, il participe à l’album collectif La Bande à Julien (Soleil), illustrant une chanson de Julien Clerc adaptée en bande dessinée.
À partir des années 2000, il revient au polar d’espionnage en collaborant avec le célèbre scénariste argentin Carlos Trillo. Leur partenariat donne naissance à la trilogie Mon nom n’est pas Wilson, un thriller contemporain composé de trois tomes : Pâleur mortelle (2000), Killer (2002) et Berlin (2004), publiés chez Casterman.
Installé en Europe depuis de nombreuses années, Walter Fahrer vit depuis les années 2000 en France, plus précisément en Corse, à Porto-Vecchio. Toujours inspiré par ses racines, il a pu, avec Gato Montés, représenter ses “deux pays de cœur”, l’Argentine et la Corse, dans une même saga.
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