Na de storm

Na de storm

Couverture Hardcover
Langue NL
Scénario Cremers Jean
Numéro ISBN 9789493471405
Collection Na de storm
Dimensions 195 x 265 mm
Nombre de pages 192
Dimensions 195 x 265 mm
Date de parution 23-04-2026
Précommander: 23 avril 2026 Prix BD Web: 39,95
Na de storm disponible à partir du 23 avril

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Description

Après la tempête est le deuxième ouvrage du jeune auteur belge Jean Cremers publié en néerlandais par les Éditions Lauwert, après le succès de La mer ouverte (De open zee). Avec ce nouveau livre, Cremers confirme sa place dans le paysage de la graphic novel contemporaine : une œuvre personnelle, attentive au quotidien, portée par une écriture visuelle particulièrement forte.

Hélène retourne régulièrement dans la maison de ses parents. D’ordinaire, ces visites sont brèves et pratiques : passer dire bonjour, partager un repas, reprendre son souffle un instant. Mais cette routine prend une tout autre dimension lorsqu’une violente tempête éclate et inonde rapidement la région.

À cause des intempéries, les routes deviennent impraticables et le confort moderne disparaît : plus d’électricité, plus de réseau, aucune possibilité de repartir. Hélène est contrainte de rester pour la nuit dans la maison familiale, coincée avec ses parents, Fernand et Jacqueline.

Cette proximité forcée n’est pas un simple ressort narratif : elle devient le moteur du récit. Dans cet espace clos apparaissent des moments d’attention véritable — de petits gestes, des regards, des silences qui disent souvent plus que les paroles.

Fernand, un homme obstiné doté d’une âme d’artiste, tente de masquer son déclin derrière une certaine bravade. Mais la vieillesse ne se laisse pas ignorer : la fatigue, la frustration et la fragilité du corps s’invitent peu à peu dans les pages. Jacqueline, de son côté, lutte contre les premiers signes de la maladie d’Alzheimer. Cremers représente cette maladie avec délicatesse : non pas comme un effet dramatique, mais comme une transformation progressive qui modifie le quotidien et redéfinit les relations.

Hélène aussi porte quelque chose qu’elle peine à nommer. Dans sa posture, son silence et sa tension à peine perceptible, on devine qu’une autre tempête gronde ailleurs, dans sa vie. Peu à peu, il devient clair qu’elle est prise dans une relation toxique. Cremers choisit la suggestion plutôt que la représentation explicite de la violence : le récit montre surtout les conséquences — la honte, l’effacement de soi, la prudence constante dans les mots.

Cette approche fonctionne parce que l’auteur ne réduit jamais ses personnages à de simples rôles. Chacun reste profondément humain : parfois attentionné, parfois défaillant, parfois douloureusement sincère. Le lecteur n’est donc pas poussé vers un jugement, mais vers la compréhension.

Visuellement, l’album est d’une grande maîtrise. Les dialogues sont rares et précis ; souvent, l’image prend entièrement le relais. Le rythme est calme, mais la tension se loge dans ce qui reste sous la surface : ce qui n’est pas dit continue de résonner longtemps après.

Ce qui rend Après la tempête si juste, au final, c’est l’équilibre entre gravité et espoir. C’est un livre sur la vieillesse et la maladie, mais aussi sur la protection. Sur la violence conjugale, mais aussi sur le moment où quelqu’un trouve enfin la force de parler.

Avec cet album, Cremers prolonge la ligne thématique que les lecteurs ont découverte dans La mer ouverte : l’eau comme élément, mais surtout comme miroir de ce que les êtres humains tentent de refouler. Ici, l’horizon est plus étroit, plus intime — et c’est précisément ce qui rend le récit encore plus bouleversant.