Achdé
Achdé, né en 1961 dans une famille rapatriée du Maroc, a grandi dans une ZUP de Nîmes, au cœur de la garrigue et d'un mélange de communautés et de cultures. Il évoque souvent son enfance comme un épisode quotidien de La Ribambelle. Quand il ne jouait pas dehors, il passait son temps à dessiner ou à regarder les films du dimanche à la télévision, préférant largement les westerns aux films de chevaliers, qu’il trouvait maladroits dans leurs armures.
À l'âge de neuf ans, Achdé achète son premier album de Lucky Luke, Lucky Luke et Phil Defer, et c’est là que sa vocation est née. Son amour pour l'Ouest américain le conduit même, en 1983, à entreprendre un voyage initiatique à la Jack Kerouac en Amérique du Nord. Toutefois, ce voyage est interrompu par son rappel pour effectuer son service militaire en France.
Après des études de radiologie et de radiothérapie, Achdé travaille un temps dans le domaine médical, mais le dessin ne le lâche pas. Il laisse ses croquis traîner dans la salle d'attente du cabinet médical où il travaille. En 1991, à l’âge de 30 ans, il signe enfin un contrat avec Dargaud. Ses premières séries, comme CRS = Détresse, Les Damnés de la route et Les Canayens de Montroyal, rencontrent un certain succès.
En 2001, le rêve de sa vie devient réalité : Achdé reprend le personnage de Lucky Luke, en poursuivant les aventures du célèbre cow-boy, qu'il dessine depuis avec plusieurs scénaristes, dont Jul. Il a également lancé la série Kid Lucky, qui raconte la jeunesse du héros.
Admirateur des westerns de John Ford, notamment L'homme qui tua Liberty Valance, Achdé puise son inspiration dans ces films qui ont marqué son enfance. Son premier contact avec Lucky Luke, dans l'album Le Juge, a été déterminant dans son choix de devenir dessinateur.
En 2024, il retrouve ses racines médicales en publiant Aïe! La douleur se traite aussi avec humour (Fluide Glacial), en collaboration avec le rhumatologue Patrick Sichère. Cet album traite de la douleur sous toutes ses formes, avec humour et érudition.
Achdé incarne la ténacité : malgré les nombreuses difficultés, y compris les inondations qui ont ravagé Nîmes en 1988, il n'a jamais abandonné son rêve. Dès la maternelle, il savait déjà ce qu'il voulait faire plus tard. Quand la maîtresse lui a demandé quel métier il aimerait exercer, il a répondu avec la rapidité d’un cow-boy dégainant : « Je veux dessiner Lucky Luke ! »
Son parcours est aujourd'hui gravé dans l'histoire contemporaine de la bande dessinée.